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À la croisée des chemins

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La conférence de l’AQDA met l’accent sur les défis de l’industrie

Ça a été une année fort occupée pour l’Association québécoise des dépanneurs en alimentation.

Au cours des 12 derniers mois, l’association a fait pression sur le gouvernement pour modifier un certain nombre de dossiers, y compris le tabac de contrebande. Le 14 novembre, l’AQDA rassemblait des détaillants, des fournisseurs et des distributeurs lors de sa Conférence annuelle sur l’état de l’industrie, qui se tenait au Sheraton Laval et qui visait à faire une mise au point des défis de l’industrie et à célébrer les importantes victoires de la dernière année.

Le thème de la conférence, la réglementation excessive, était sérieux, mais cela n’a pas empêché Michel Gadbois, président de l’AQDA, de célébrer aussi une année réussie. Il a profité de l’occasion pour remercier les détaillants indépendants pour leur implication et leur soutien continus. «La veille de la conférence, nous avons invité 20 détaillants de partout au Québec, surtout des gens qui s’étaient impliqués dans notre dernière tournée électorale, pour les remercier. Ils sont tous venus, ce qui m’a surpris, car les détaillants sont des gens occupés», affirmait M. Gadbois. Le groupe est allé à un souper de célébration et a pris part à des groupes de discussion avec des fabricants. Les détaillants allaient d’un jeune de 20 ans qui venait juste de reprendre le commerce familial à un homme de 82 ans qui avaient fait 600 kilomètres (aller-retour) pour assister à la conférence.

L’état de l’industrie

La conférence sur l’état de l’industrie a commencé avec le lancement du rapport sur l’industrie 2012 intitulé «Surréglementation : un carrefour déterminant pour les dépanneurs», au cours duquel de nombreux conférenciers ont discuté des défis d’ordre réglementaire auxquels de nombreux détaillants font face au Québec et dans le reste du Canada.

L’industrie des dépanneurs est à la croisée des chemins. «Depuis les dix dernières années, la pression exercée par une réglementation de plus en plus rigide est en train d’étouffer l’industrie lentement, mais sûrement. La situation s’installe à un point tel que l’industrie des dépanneurs ne peut plus rester passive sans rien faire. Nous n’avons plus d’autre choix que de nous battre ou de tout simplement disparaître. Donc, nous avons décidé de rester et de nous battre.»

«Nous n’avons plus d’autre choix que de nous battre ou de tout simplement disparaître. Donc, nous avons décidé de rester et de nous battre.»

M. Gadbois a discuté de l’année 2012 en termes de son impact sur l’association. L’AQDA a accordé la priorité à la réglementation, et la contrebande était aussi dans sa mire. L’association a présenté la recommandation pour une commission parlementaire sur le tabac de contrebande et, en février, cette recommandation a été adoptée pour la mise sur pied d’une commission mixte. «Après ça, on a décidé d’obtenir le soutien des municipalités afin de s’assurer que les députés fédéraux et provinciaux demandent cette commission à Ottawa», expliquait M. Gadbois. Pendant l’été, l’AQDA a recueilli des signatures pour une résolution dans 425 municipalités au Québec et a aussi effectué une tournée électorale de 20 villes. «On est allé dans les villes et on a remercié les membres de la commission. On voulait aussi s’assurer que tous les candidats à cette élection allaient appuyer ce dossier à Ottawa», expliquait-il.

Même si la lutte a réussi, la bataille ne s’arrête pas là. M. Gadbois souligne qu’avec un nouveau gouvernement en place, il faut éviter les augmentations de taxes sur le tabac. «C’est toujours une possibilité… mais on essaie de leur expliquer que ce n’est qu’un gain marginal parce que chaque fois qu’on augmente les coûts, il y a plus de tabac qui circule dans les réseaux de contrebande.»

L’année 2012 a été une année importante pour toutes les associations régionales, disait-il, ajoutant qu’elles ont aussi annoncé leur affiliation. «Tout le monde a signé la charte d’affiliation formelle pour les quatre régions et l’ACDA. On a toujours travaillé ensemble, mais maintenant on est légalement liés.»

Il expliquait que cette affiliation a généré un nouveau modèle de financement, de même que le nouveau Comité des relations gouvernementales. Le comité, qui est organisé selon les catégories de produits, sollicite les commentaires des fabricants de produits sur les enjeux importants et la réglementation gouvernementale.

Jean-François Ouellet, Ph. D, MBA, un professeur de marketing au HEC de Montréal, a présenté le rapport, en mettant l’accent sur les résultats du Québec comparativement à ceux du reste du Canada. Le rapport révélait qu’il y a 517 différents règlements fédéraux et provinciaux qui touchent les propriétaires de commerces indépendants. De ce nombre, 16,1 % concernent la vente d’alcool, de l’essence, des billets de loterie et du tabac. Au Québec, il y a 62 règles et règlements provinciaux touchant les propriétaires de dépanneurs, ce qui en fait la troisième province au pays, après l’Ontario avec 85 et la Colombie-Britannique avec 72.

Maxime Bernier, ministre d’État (Petite Entreprise et Tourisme), a parlé des efforts du gouvernement fédéral pour réduire le fardeau administratif. Il a présenté la règle du «un-pour-un» qui exige des organismes de réglementation qu’ils suppriment un règlement chaque fois qu’ils adoptent un nouveau règlement imposant un fardeau administratif aux petites entreprises canadiennes. C’est l’une des méthodes employées par le gouvernement pour répondre à la réglementation excessive.

Pleins feux sur les indépendants

L’approche locale de l’AQDA se concentre sur les détaillants indépendants et leur relation avec leur collectivité, et ce rapport sur l’état de l’industrie était une occasion rare de les remercier de leur soutien. «On veut prouver que les détaillants sont prêts à s’impliquer. Ce sont eux qui peuvent faire une différence auprès des politiciens. Je voulais montrer que si on les appuie, ils vont venir et ils ont bien apprécié, disait M. Gadbois. C’est représentatif de tous ceux qui veulent s’impliquer.»

En 2013, l’association continuera de travailler avec le gouvernement au nom des détaillants du Québec sur un certain nombre d’enjeux importants, y compris les frais de carte de crédit, les prix minimums sur la bière et le système de dépôt sur les bouteilles et les canettes. La conférence a été très réussie, mais il y a encore du pain sur la planche. «Nous sommes satisfaits, disait M. Gadbois. Ça a été une belle journée, mais maintenant il faut continuer à faire ce qui doit être fait.»

Raymond Bouchard, président du conseil de NACDA (à g.) et l’Honorable Maxime Bernier, ministre d’État (Petite Entreprise et Tourisme), ont parlé tous les deux des défis de l’industrie.