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0K6A4568crop_1LORSQU’IL A ÉTÉ HONORÉ PAR L’ASSOCIATION DES DÉTAILLANTS EN ALIMENTATION EN 2012, MICHEL PARÉ POSSÉDAIT DIX DÉPANNEURS. AUJOURD’HUI, QUATRE ANS PLUS TARD, IL A PLUS QUE DOUBLÉ CE NOMBRE.

En 1975, après avoir passé cinq ans dans l’armée canadienne, Michel Paré, alors âgé de 25 ans, est revenu à Magog pour ses vacances d’été et pour s’interroger sur son avenir. Alexandre Larochelle, son ancien patron à l’usine de biscuits où il travaillait lorsqu’il était adolescent, a communiqué avec lui. Il possédait un immeuble sur la rue Principale et voulait ouvrir un dépanneur au rez-de-chaussée. Connaissant les qualités de Michel, M. Larochelle lui a offert le poste de gérant de son nouveau magasin. Comme s’il n’avait pas déjà assez de travail avec ses tâches de gérant, Michel a décidé d’ouvrir une école de karaté. L’année suivante, sa fille Marie-Noël est née, suivie un an plus tard de son fils, Gian Carlo. Les enfants ont presque grandi dans l’arrière- boutique du magasin de Magog.

Un deuxième magasin en 1997 

En 1979, M. Paré a acheté de son patron l’immeuble sur la rue Principale, l’a rénové, puis a décidé de se joindre à la bannière de dépanneurs Boni-Soir en 1989. Ayant grandie dans le monde de la vente au détail, ce n’est pas étonnant qu’après 20 ans, la fille de M. Paré ait voulu elle aussi travailler dans l’industrie des dépanneurs. En 1997, il était prêt à acheter un magasin et Marie-Noël était impatiente de le gérer. Ils ont acheté un magasin existant et l’ont rénové.

Rapidement, les ventes ont aug- menté, montrant bien que la fille de Michel était une excellente gestion- naire avec des aptitudes en relations humaines. Par exemple, elle prend le temps d’apprendre le nom et la date de fête de ses clients.

Et voici venir le fils

Afin de combler le vide laissé par sa sœur au magasin de leur père, Gian Carlo a décidé de passer derrière le comptoir. Il s’est rapidement mis à aimer ce commerce. Ayant presque 25 ans de métier à son actif, M. Paré a senti que le moment était venu de voyager un peu, pensant que cela pourrait être un bon test pour son fils. Gian Carlo a passé le test avec brio, et la famille Paré a commencé à chercher un troisième magasin. «Je me couche le soir, j’ai hâte au lendemain, explique Gian Carlo. On touche à tout et on a toujours de nouveaux projets. On marche à l’adrénaline.»

Ajout de l’essence à l’équation

En 2006, les Paré ont acheté leur premier dépanneur avec station-ser- vice. Situé à Ascot-Corner, près de Sherbrooke, le magasin comprenait des pompes à essence et un dépanneur 24 heures Le Relais. Groupe Paré compte aujourd’hui 23 magasins et en- viron 300 employés. Gian Carlo occupe le poste de président, et Michel est secrétaire. Ils viennent d’ajouter trois superviseurs pour les aider à mieux gérer toute cette logistique.

Les défis de l’expansion

Tout propriétaire d’entreprise sait bien que la décision d’acheter ou d’ouvrir un magasin exige beaucoup de re- cherches et d’argent. C’est également le cas lors de l’ajout d’un autre ma- gasin. Par exemple, Michel souligne : «On prend une station-service de nos jours et c’est 2 millions. Quand on pense acheter un magasin, il y a l’em- placement d’abord. Mais il faut aussi regarder le roulement. Il faut voir si on veut acheter ou louer le bâtiment. J’aime être propriétaire et Gian Carlo préfère louer», dit-il, mentionnant que la location a l’avantage de ne pas immobiliser des fonds qui pourraient autrement être utilisés pour investir dans d’autres projets, par exemple l’ouverture d’autres magasins.

Le personnel qui vient avec un maga- sin existant est également un facteur im- portant. Que vous ouvriez un magasin ou que vous en achetiez un, la dotation en personnel implique de la formation, avec un chevauchement des horaires pendant cette période. Les employés de longue date pour- raient aussi résister au changement et s’accro- cher à l’ancienne façon de faire les choses. Cer- tains peuvent avoir une expérience appréciable et constituer un élément d’attraction pour le commerce. C’est toujours utile d’avoir des em- ployés qui apprennent vite et qui ont une belle attitude. «Il faut considérer qu’une personne peut avoir droit à huit semaines de vacances en raison de son ancienneté. Certains endroits ont un syndicat, d’autres non.»

«Partir de zéro ça veut dire travailler très fort pendant trois ans avant que le magasin devienne rentable. Avec un magasin qui existe déjà, on regarde les chiffres et il faut voir un volume élevé parce que les marges sont devenues plus minces.» Prenons le fait que l’électricité à elle seule peut coûter 20 000 $ par année par magasin, et vous devrez gérer vos liquidités de sorte que les problèmes typiques comme le bris d’un moteur ne deviennent pas accablants.

Michel Paré se souvient d’avoir acheté des magasins de propriétaires épuisés après des années de dur labeur dans une industrie difficile. «Pour moi, ça fait déjà 40 ans que je suis dans ce domaine. Même si c’est beau- coup de travail, je ne suis pas encore tanné et j’ai hâte chaque jour», dit-il.

VOUS DÉSIREZ POSSÉDER PLUS D’UN SITE? VOICI CINQ CONSEILS D’UN PRO DU MULTI-SITES :

1. Lorsque vous achetez un magasin, vous devez bâtir une relation avec le personnel. Lorsque vous avez plusieurs magasins, vous devez vous assurer que les gérants comprennent bien vos valeurs. «Pour moi, les clients viennent en premier, affirme Michel Paré. On est chez nous dans notre propre magasin, mais il faut rappeler aux gérants des autres magasins que nos clients sont importants. Faire les tâches, ça peut attendre que les clients soient servis. C’est le côté humain qui fait la différence entre les dépanneurs et la concurrence.»

2. «On aime ça savoir si le monde est content. Les plaintes arrivent plus vite que les bons commentaires. Quand on a un bon mot sur notre page Facebook, ça vaut beaucoup. Il y a aussi les acheteurs mystères envoyés par les compagnies d’essence ou pour les contrôles de cigarettes. Les employés de 15-16-17 ans peuvent trouver difficile de demander aux acheteurs de cigarettes leur carte d’identité. Il faut les aider à apprendre comment faire et gérer les plaintes.»

3. «Écoute ton client. On est un peu avant-gardistes et on achète des nouveaux produits. Mais on sait qu’il faut que le stock bouge. On liquide aussi tôt que possible mais on a aussi l’avantage de déplacer le stock d’un magasin à un autre quand on voit que c’est plus populaire dans une autre région. »

4. Ouvrir un magasin ou stimuler les ventes dans un magasin existant que vous venez d’acheter demande beau- coup de temps et d’efforts. «Le nombre d’heures qu’on travaille pour arriver à la rentabilité, ça dépend de la vitesse à laquelle on veut payer les choses.»

5. Prenez quelques risques calculés. Gian Carlo affirme que, pour Pâques, les ventes de chocolat étaient 1000 fois plus élevées parce qu’ils ont décidé de stocker les produits de chocolat Jacomo dans leurs magasins. Le fournisseur de Laval était prêt à envoyer assez de marchandises pour faire de grands étalages, avec la garantie qu’il reprendrait les stocks invendus. L’affaire a été rentable pour les deux.