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En eaux inconnues

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0032_John Kroetch _YCM March 2014_Environmental ProfileCela lui a pris deux ans, mais la vision de Sylvain Blouin d’un lave-auto sous le thème des années 50 et 60 est devenue réalité. Rock-N-WashMC a ouvert ses portes à l’automne dernier, offrant aux clients d’Edmonton un lave-auto ultra moderne.

Le projet coûte 7,5 millions $ et comprend 12 lave-autos libre-service, deux baies pour camions et VR, un tunnel sans contact Belanger de 100 pieds, un magasin et, au printemps, une station de décharge pour VR avec remplissage en eau fraîche.

Pour M. Blouin, sa priorité consiste à offrir une expérience unique à ses clients.

«Lorsque la porte de la baie de lavage s’ouvre et que les clients entrent pour la première fois, j’adore voir leur expression à travers le pare-brise», de dire M. Blouin. Ils voient 12 lumières au DEL et des bouteilles de Coca-Cola de quatre pieds au bout de chaque baie, un mur couvert de 33 tours, des lecteurs de cassettes huit pistes et, pour rester dans l’ambiance nostalgique de la musique du passé, deux boules de disco. De la musique rock-and-roll joue aussi à l’intérieur et à l’extérieur du site.

Ce lave-auto unique et conceptuel est fondé sur des époques passées, mais la technologie du site n’a rien de nostalgique. En fait, Rock-N-WashMC est devenu la référence de l’industrie en Alberta.

Responsabilité environnementale

Après avoir acheté un terrain de deux acres, M. Blouin s’est rapidement rendu compte qu’il fallait contrôler la consommation du site. «Lorsque j’ai commencé à travailler avec les ingénieurs pour concevoir le site, on s’est rendu compte assez vite qu’on allait consommer une quantité importante d’eau et d’électricité, etc.», explique-t-il.

«Ayant grandi sur une ferme, je connais la valeur de l’eau fraîche et des ressources naturelles, souligne M. Blouin. Au maximum de sa capacité, le site consomme 400 gallons d’eau à la minute. En une seule minute! Pour faire une analogie, notre site peut remplir une semi-remorque de 48 pieds chaque heure et, sans traitement ni recyclage, c’est comme si vous ouvriez les portes pour décharger le tout dans les égouts. À toutes les heures, 15 heures par jour.»

En voyant ces chiffres, M. Blouin savait qu’il fallait faire quelque chose. C’est pourquoi son épouse et lui se sont rendus à Las Vegas pour assister au salon commercial de l’International Carwash Association afin d’en apprendre davantage sur les options qui s’offraient à lui pour réduire l’utilisation de l’eau et de l’électricité. Ils ont rencontré Gary Hirsh, président, et Charles Borchard, vice-président de l’exploitation de PurClean PurWater, qui offre un système récupération des eaux grises.

«J’ai bien aimé leur système pour les eaux grises et le traitement par ozone et aussi le fait qu’ils sont en affaires depuis longtemps», explique M. Blouin. Il savait que la récupération des eaux grises était la solution, mais quand il a examiné la question de plus près, son élan s’est arrêté net.

«Je n’avais pas approché la ville d’Edmonton et je ne savais pas que la province n’avait aucune loi en place pour travailler avec les propriétaires d’entreprises qui désiraient traiter les eaux grises», explique-t-il. Il a donc fait une demande de dérogation à la Ville et a commencé le long et ardu processus visant à obtenir une approbation. 0002_John Kroetch _YCM March 2014_Environmental Profile

Naviguer dans les dédales administratifs

Dans le monde des lave-autos, les eaux grises signifient simplement l’eau utilisée pour laver un véhicule. Grâce à un système de récupération, cette eau est recueillie, traitée et réutilisée pendant des cycles précis.

L’équipement de traitement des eaux usées a coûté 75 000 $ à M. Blouin, et les coûts totaux de mise en œuvre se chiffraient à 250 000 $, y compris les pompes, le béton, la conception, la tuyauterie, la main-d’œuvre et l’ingénierie.

Plusieurs organismes, représentants et fonctionnaires ont été impliqués dans le processus d’approbation, y compris la Ville d’Edmonton, l’agent en chef du Service mécanique, les Services de santé de l’Alberta, le ministère de l’Environnement, les Affaires municipales de l’Alberta et il a dû prouver sa conformité avec la Loi sur le code de la sécurité.

L’agent en chef du Service de mécanique était sur place régulièrement pendant la construction afin d’examiner la tuyauterie, les pompes, le débit de l’eau d’une pompe à une autre et les sédiments.

«Sans réglementation, il a fallu établir des seuils de qualité de l’eau. Pendant la première année, je vais fournir un échantillon d’eau aux trois mois. Pendant la deuxième année, ce sera aux six mois, puis à compter de la troisième année, ce sera annuellement», explique M. Blouin.

Grâce au système de récupération des eaux grises PurClean de PurWater, Rock-N-WashMC réutilise 75 % de l’eau qu’il consomme. Le site décharge seulement entre 10 et 13 % de l’eau qu’il prend de la ville.

Créer un précédent

«Rock-N-WashMC a relevé la barre pour le lavage professionnel de véhicules en Alberta et suscité des attentes des consommateurs et de la municipalité», de dire M. Hirsh.

Lorsqu’on établit une norme de référence de la sorte, il faut aussi éduquer le public sur les avantages de la récupération des eaux grises. «J’explique aux clients que nous réutilisons l’eau de manière stratégique lors de certains moments précis du cycle de lavage. On utilise l’eau pour les tuyaux d’incendie dans les baies pour camions, on l’utilise pour laver les planchers, dans les tunnels automatiques pour éliminer la neige et le sable de la carrosserie et pour laver le dessous des véhicules. On ne l’utilise pas pour le pré-trempage, ni pour le rinçage sans taches», souligne M. Blouin.

Il a établi une nouvelle norme dans sa province, et d’autres exploitants de lave-autos le remarquent. «Trois propriétaires de lave-autos sont venus nous voir. L’un d’eux possède un lave-auto, les autres veulent en construire un. Ils ont jeté un coup d’œil dans les salles mécaniques et sur l’équipement pour voir ce que j’ai fait», dit-il.

Après six mois de paperasseries administratives, M. Blouin admet qu’il avait presque abandonné. «Pour la province, ce n’est pas rien, car c’est une première. On espère tous que Rock-N-WashMC va en aider d’autres à aller de l’avant et va devenir une référence.»

Les eaux grises : Qu’est-ce que c’est?

Dans l’industrie des lave-autos professionnels, les eaux grises représentent l’eau utiliser pour laver un véhicule. «L’eau de lavage est recueillie dans une série de gros réservoirs d’entreposage d’eau souterrains conçus spécifiquement pour le favoriser le dépôt et la séparation des solides (saletés) de l’eau, explique Gary Hirsh, président de PurClean PurWater. Chaque réservoir est doté d’un séparateur qui divise le réservoir en deux afin de retenir les solides et de laisser l’eau couler dans le réservoir suivant de la série.» L’eau est ainsi de plus en plus propre, et l’eau la plus propre finit dans le dernier réservoir de la série.

«En incorporant le système de récupération écologique PurWaterMC dans un lave-auto, l’exploitant peut réduire sa consommation d’eau d’au moins 75 % sans nuire à a qualité du lavage», explique M. Hirsh. Le système décharge aussi une eau de meilleure qualité dans les égouts de la municipalité, ce qui réduit considérablement le coût de traitement de l’eau.