CCentral
Suivez-nous

L’accent sur la fraîcheur

FacebookTwitterPinterestTumblrRedditLinkedInGoogle+Share/Bookmark

 

OnBike2_cover_ccLes dépanneurs sont établis sur votre rue, au coin de la rue ou dans votre quartier. Chaque jour, plus d’un million de Canadiens franchissent les portes d’un détaillant de service rapide du quartier. Lorsque des organismes communautaires préoccupés par les défis alimentaires ont cherché une façon de lutter contre l’accès limité aux aliments sains, il n’est pas étonnant qu’ils se soient arrêtés aux dépanneurs.

Un de ces organismes s’appelle le Carrefour alimentaire Centre-Sud, un groupe qui réunit deux organismes complémentaires : le Marché Solidaire Frontenac et les Rencontres Cuisines. Ensemble, ces organismes s’efforcent d’améliorer l’accès aux aliments sains et d’appuyer le développement d’un système alimentaire local qui est écologique et solidaire. Aujourd’hui, ils comptent plus de 150 membres actifs qui distribuent des fruits et des légumes dans leurs quartiers avec des programmes offrant des «paniers des fermiers» garnis de produits saisonniers variés provenant directement du cultivateur.

Maintenant, des groupes comme le Carrefour qui ont des objectifs de nutrition positifs, ont l’appui du Service de santé de la Ville de Montréal qui a lancé le Projet Dépanneur Fraîcheur il y a environ un an. L’idée est de créer un carrefour au milieu des «déserts alimentaires» qui naissent au centre-ville en absence d’épiceries. En tout, Montréal accueille plus de 900 dépanneurs, dont l’emplacement est parfait pour fournir non seulement des produits de tabac et des loteries, des confiseries et des boissons, mais aussi des fruits et des légumes frais.

Le projet s’inspire de la Ville de Philadelphie, où on y gère une initiative d’aliments sains fort réussie, la Healthy Foods Initiative, depuis les cinq dernières années. Le programme a été conçu pour donner accès à des fruits et légumes frais à des résidents du centre-ville, dont bon nombre n’avaient pas accès à une épicerie.

Selon Fabie Gauthier Carrière, chargée de projet, Regroupement montréalais des Dépanneurs Fraîcheurs, le projet Dépanneur Fraîcheur a vu le jour après qu’une étude de marché ait révélé l’important défi des déserts alimentaires à Montréal, particulièrement parmi les résidents à faible revenu. «Aux États-Unis, on travaille avec beaucoup de villes pour offrir des fruits et des légumes à bon prix au niveau des dépanneurs pour en améliorer l’accès. Cette initiative a connu un immense succès et maintenant, nous avons quatre villes canadiennes qui font la même chose, dit-elle, en nommant Toronto, Ottawa, Montréal et Québec [consultez CCentral.ca et l’édition de VIG de mai 2016 pour lire un article sur l’expérience de Toronto]. L’objectif de Centre-Sud est de vendre au prix coûtant directement aux dépanneurs afin de mettre le marché à l’essai», ajoute Fabie.

Le groupe a fait sa première distribution en septembre dernier (2015). «Une année, ce n’est pas assez long pour changer les habitudes alimentaires, mais ça commence bien et on note des changements positifs». Tout comme pour l’expérience à Toronto, les dépanneurs constatent un intérêt, mais c’est difficile de se tailler une place sur le marché. Cependant, Fabie signale que les dépanneurs découvrent que les taux de gaspillage ne sont que d’environ 20 %, un taux similaire à celui de l’épicerie de détail.

«Une partie de ce que nous souhaitons accomplir est de changer la façon dont les gens perçoivent les dépanneurs. Ce pourrait être de retirer certaines publicités de bière et d’installer des légumes près de la porte pour une visibilité maximale. Nous aimerions aussi voir les dépanneurs/épiceries de petite taille revenir à ce qu’ils étaient auparavant. Jusque dans les années 70, on constate que les petits détaillants alimentaires de quartier distribuaient une plus grande quantité de produits nutritifs. C’était là que les gens magasinaient avant l’avènement des grands supermarchés qui sont maintenant prédominants en matière de ventes alimentaires. En offrant plus de fruits et de légumes dans des emplacements plus près des résidences, on espère que les attitudes commenceront à changer et que les gens verront le dépanneur comme un endroit où l’on peut acheter autant des pommes et du chou que de la bière et des bonbons. Nous savons que la transformation sera lente, mais si nous voulons lutter contre les défis sociaux et de santé causés par un accès limité aux aliments de qualité, le petit dépanneur du coin est un excellent endroit par où commencer.»

Rehausser sa cote d’estime

Sur la rue Fullum à Montréal, Dong Li exploite un Dépanneur 7 Jours, un dépanneur classique du Québec qui survie largement grâce aux ventes de produits du tabac, de bière et de collations. Un des premiers détaillants à appuyer le Projet Dépanneur Fraîcheur, Dong signale qu’il y a participé pour essayer quelque chose de nouveau dans le dépanneur ouvert tous les jours de 9 h à 23 h. Il vend maintenant environ 10 UGS de fruits et de légumes frais, notamment des oignons, des pommes, des bananes, des patates et d’autres aliments comme de agrumes et du chou. «L’assortiment a rendu mes clients très heureux. Il a simplifié la vie des gens qui ne peuvent pas marcher jusqu’à l’épicerie, dit-il, se souvenant à quel point ses clients réguliers étaient surpris lorsqu’il a présenté ses premiers aliments. C’est un dépanneur. Il n’est pas habituel pour nous de vendre des aliments frais, comme des fruits et des légumes.»

Il indique que les ventes sont lentes pour ces produits. «On vend quelques bananes une journée, et un sac de patates le lendemain, mais pour les clients qui viennent faire leurs achats, c’est important d’avoir des aliments sains près de chez eux. C’est pourquoi nous le faisons. Nous ne faisons pas vraiment plus d’argent et nous ne gagnons pas plus de clients. Nous rendons heureux nos clients réguliers et ça, c’est une bonne chose.»

«On obtient les fruits et les légumes à un bon prix et ils sont livrés. Si un aliment n’est pas vendu, il est retourné. Comme on ne court aucun risque, je peux faire de la place pour l’étalage. Il arrive souvent que les clients qui achètent un de ces produits achètent aussi autre chose. Donc, le positionnement est important pour tirer le meilleur parti de cette occasion.»

Dong Li est satisfait des choix de fruits et de légumes disponibles. «Nous ne pouvons pas vendre tout ce qu’une épicerie vend, mais nous sommes en mesure d’offrir les aliments les plus populaires. Si un client demande un aliment, comme des limes ou du chou-fleur, je vais essayer de m’en procurer. Nous ne tentons pas de faire concurrence aux grandes épiceries; nous voulons seulement satisfaire nos clients fidèles quand ils viennent nous voir.»

Cinq conseils pour vendre des fruits et légumes

  1. Rendez la section visible. Dong Li présente ses choix de fruits et de légumes près de la porte d’entrée afin que les clients ne puissent les manquer.
  2. Faites de la promotion croisée. Maximisez les promotions croisées qui permettent de réaliser des ventes secondaires.
  3. Choisissez les fruits et les légumes avec attention. Faites attention au gaspillage et gardez les choix aussi attirants que possible.
  4. Faites passer le mot. Dites aux clients qu’ils peuvent acheter des oignons ou des pommes dans votre dépanneur.
  5. Rendez vos aliments attrayants. Invitez les clients à essayer des produits grâce à la vente incitative.