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Mobilisation municipale

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Les détaillants luttent avec succès contre la contrebande du tabac  

«Si vous êtes un détaillant honnête, vous avez beaucoup à perdre», affirme Terry Yaldo, propriétaire du Midway Convenience à Windsor, Ontario. Quand on considère que le niveau de contrebande se situe à 30 % en Ontario et au Québec, on ne peut que lui donner raison.

La vente de tabac de contrebande est une arme à deux tranchants. Comme M. Yaldo le dit, ceux qui vendent du tabac de contrebande ont davantage d’argent pour financier des activités criminelles, alors que les détaillants honnêtes ont moins d’argent pour participer aux activités de leur collectivité et surtout garder leurs portes ouvertes. «Je ne peux pas faire concurrence à quelqu’un qui vend une cartouche de cigarettes 20 $ parce qu’il ne paie ni taxes, ni salaires», de dire M. Yaldo.

Cependant, plutôt que de baisser les bras, le propriétaire de dépanneur s’est associé à la Ontario Convenience Stores Association (OCSA) pour faire une différence dans sa collectivité. «Je suis très prêt à aider, parce que, évidemment, dans le cadre d’une association, on peut faire plus qu’une personne seule», dit-il.

En se regroupant et en discutant avec des politiciens locaux, les propriétaires de dépanneurs peuvent faire une différence. «L’union fait la force, et les détaillants doivent se mobiliser et se faire entendre en mettant de la pression sur les politiciens locaux, provinciaux et fédéraux et en exigeant des changements», explique Gary Grant, porte-parole de la Coalition nationale contre le tabac de contrebande.

Cette approche communautaire est utilisée en Ontario et au Québec à mesure que le mouvement contre le tabac de contrebande balaie ces provinces. Pour OCSA et l’Association québécoise des dépanneurs en alimentation (AQDA), cette approche axée sur le détaillant fonctionne très bien et leur permet de créer la dynamique nécessaire pour éliminer le problème.

«Je ne peux pas faire concurrence à quelqu’un qui vend une cartouche de cigarettes 20 $ parce qu’il ne paie ni taxes, ni salaires.»

Les gains d’OCSA

En Ontario, le budget provincial 2012 comprenait un certain nombre d’engagements visant à réduire les ventes de tabac de contrebande, y compris la mise en application de règlements additionnels et une meilleure exécution de la loi, des dispositions relatives au projet de loi 186, de même que des modifications à la Loi de la taxe sur le tabac. Cette année, OCSA désire s’assurer que ces dispositions sont exécutées.

«Nous demandons aux conseils municipaux de demander à leur maire d’envoyer une pétition au gouvernement provincial afin de faire un suivi du budget, parce que le gouvernement a dit qu’il allait prendre davantage de mesures cette fois-ci, affirme Len Birch, gestionnaire des communications pour OCSA. On veut que le gouvernement provincial voie que les villes exigent de lui qu’il prenne les mesures qui s’imposent. Jusqu’à présent, personne ne m’a dit qu’il allait rejeter cet appel à l’action.»

«La contrebande est le fléau de toutes les collectivités en Ontario. Alors si c’est le cas, pourquoi ne pas impliquer les collectivités?», demande Dave Bryans, PDG d’OCSA. OCSA se déplace à travers la province pour parler avec des conseillers municipaux et des détaillants locaux au sujet de ce problème envahissant.

L’approche a réussi à Windsor, Ottawa, Région de Durham, London, Sudbury et North Bay, où les conseils municipaux ont adopté une motion dans laquelle ils font une demande formelle au gouvernement provincial.

Afin de trouver des détaillants engagés, MM Bryans et Birch rencontrent des détaillants face à face. «L’été dernier, j’ai visité environ 500 magasins dans le sud-ouest de l’Ontario et j’en visite encore plus en ce moment», souligne M. Birch.

«Plus on a de maires et de conseils municipaux impliqués et mettant de la pression sur le gouvernement, meilleures sont nos chances de réussir à obtenir une certaine réduction de la contrebande, de dire M. Birch. Elle ne sera jamais éliminée, on le sait bien, mais si on peut la réduire à 10 %, 15 % ou 20 %, cela ferait une grosse différence pour les dépanneurs que j’ai visités.»

«Il ne faut littéralement que cinq minutes pour faire un appel. Mais encore faut-il que les gens s’engagent à prendre ces cinq minutes de leur temps. Il faut que quelqu’un dise : “Je ne vais pas attendre que quelqu’un d’autre le fasse”», souligne M. Birch.

OCSA aide les détaillants à prendre contact avec les politiciens locaux. «On aide les détaillants à bien comprendre le processus et on assiste aux réunions de leur conseil municipal avec eux. Cela renforce notre association et nous permet de prendre position dans le dossier», explique M. Bryans.

«Les détaillants doivent se mobiliser et se faire entendre en mettant de la pression sur les politiciens locaux, provinciaux et fédéraux et en exigeant des changements.»

Les gains de l’AQDA

Depuis 2008, l’objectif de l’AQDA est d’unifier les politiciens et les décisionnaires autour de la nécessité de tenir une réunion parlementaire sur le tabac de contrebande. Les propriétaires de dépanneurs se sont impliqués dans la lutte et ont fait état de leurs préoccupations concernant les effets du tabac de contrebande sur leurs petits commerces et, enfin, ils ont été entendus.

En octobre 2011, l’AQDA présentait un certain nombre de recommandations à la Commission des finances publiques de l’Assemblée nationale, y compris, d’abord et avant tout, la nécessité de mettre sur pied un comité trilatéral pour étudier le tabac de contrebande. Le comité devait comprendre des représentants du Québec, de l’Ontario et d’Ottawa et il devait s’efforcer de négocier une solution gagnant-gagnant avec les représentants autochtones visant à éliminer la vente de tabac de contrebande.

Lorsque le rapport de cette réunion a été publié en février, c’était clair que l’AQDA avait eu un impact important. «Ils ont accepté toutes nos recommandations, pratiquement au pied de la lettre, et ils ont même impliqué dans la discussion des gens du ministère du Revenu et même des groupes anti-tabagisme des Premières Nations», de dire Michel Gadbois, président de l’AQDA, ajoutant qu’il s’agit d’une première au Canada.

«Ça a été toute une saga, parce qu’il a fallu passer à travers deux élections pour l’avoir, mais finalement on l’a eu», affirme M. Gadbois.

Il existe maintenant un consensus au sein de l’AQDA et chez les politiciens qui peuvent faire une différence, et la priorité est maintenant accordée à la création de ce comité mixte. Dotée d’un plan d’action, l’AQDA a lancé une nouvelle campagne visant à gagner le soutien de 250 municipalités dans la province afin de faire de ces recommandations des politiques gouvernementales.

«On veut que le gouvernement du Québec adopte ces recommandations à titre de politique gouvernementale, car ça n’a pas encore fait l’objet d’un vote», souligne M. Gadbois. L’AQDA a surpassé son objectif de 250 municipalités et compte maintenant sur le soutien de plus de 400 municipalités. L’association a fait un grand pas de plus pour éliminer le problème.

Pour M. Gadbois, «penser globalement et agir localement» est de rigueur. «On se sert du poids des détaillants pour en faire un enjeu local, de dire M. Gadbois. C’est une importante préoccupation, mais bien des gens pensent : “Oui, mais pas chez nous”. Et les détaillants leur disent : “Oui, ici chez nous. J’ai perdu des ventes et je peux vous parler des effets néfastes de la contrebande. Oui, ici à Trois-Rivières, à Shawinigan, à Rimouski”. La contrebande est partout, c’est une réalité.»

Au Québec et en Ontario, l’implication des détaillants est essentielle au succès de cette lutte. «Nous sommes le seul organisme au Canada ayant 25 000 personnes qui peuvent faire entendre leur voix. Aucun autre organisme ne peut rassembler 70 détaillants dans chaque circonscription électorale partout au Canada et personne n’a des membres qui peuvent parler avec 10 millions de Canadiens chaque jour», de dire M. Gadbois.

Si la contrebande du tabac nuit à votre commerce et à votre collectivité, le moment est venu de vous faire entendre. Communiquez avec votre association de dépanneurs et voyez comment vous pouvez faire une différence.

Visitez www.conveniencestores.ca pour vous impliquer.